Cette séquence présente le rapport entre l'orchestre et un soliste incluant toutes les possibilités, de l'accompagnement au duel sans merci, autour d'instruments phares comme le piano, le violon ou la clarinette de Mozart. Les chansons tournent principalement autour du piano et du rôle qu'il peut occuper dans de nombreuses productions musicales, l'identité aussi qu'il permet à certains chanteurs de construire autour de leur propre voix.
Grand orchestre de jazz, le big band connait ses heures de gloire dans l'entre deux guerres et même un peu après avant d'être détrôné par le rock américain. Composé d'une section mélodique avec des cuivres et des saxophones, il accompagne des Crooner qui deviennent de véritables stars de leur temps. La section rythmique donne le rythme swing qui caractérise aussi cette musique dont on découvrira les grands noms en chantant quelques standards. Ce sera l'occasion de s'essayer au scat, improvisation vocale basée sur des onomatopées.
Pour présenter l'une de ses oeuvres les plus importantes, récompensée par un grammy award en 1989, son compositeur Steve Reich rappelle son enfance passée dans les trains avec sa gouvernante à traverser les paysages variés des Etats-Unis. C'est l'occasion d'intégrer une rythmique propre à la machine mais aussi de prendre conscience de la nation américaine unie par son réseau ferré au début du 20ème siècle.
Parmi les trois trains proposés, le mouvement central évoque les trains de la déportation, plus sombre et dérangeant que les deux autres, c'est l'occasion pour le compositeur qui aurait pu faire parti des déportés s'il avait vécu en Europe à la même époque, de plonger l'auditeur dans une expérience sonore au plus près de celle perçue par les victimes des camps de concentration. L'oeuvre musicale devient alors le support d'une mémoire qu'il est crucial de ne pas perdre, à l'heure où les derniers survivants et témoins nous auront bientôt quitté.
L'enregistrement de leur témoignage reste, l'artiste est aussi là pour aider l'auditeur à prendre conscience d'une histoire qui est celle de toute l'humanité, quitte à heurter l'oreille, à se faire l'écho du traumatisme de la deuxième guerre mondiale. C'est aussi en 1988 une révolution musicale qui s'opère par l'introduction réussie de l'enregistrement dans la musique instrumentale : relier la tradition du quatuor à cordes avec les nouvelles technologies du moment ouvrira la porte à la musique que nous connaissons aujourd'hui. "Different trains" reste à ces deux égards comme une oeuvre emblématique à connaître.
Le Boléro de Ravel est une oeuvre de référence pour découvrir les timbres (sonorités) de l'orchestre symphonique ainsi que ses différentes familles d'instrument organisée en fonction du mode de production du son : vents, cordes, percussions. L'analyse de l'oeuvre amènera à différencier ces familles et à prendre conscience des différentes nuances que propose la musique et de la manière dont elles peuvent évoluer dans le temps.
Une sélection d’œuvres vont éveiller la classe au rapport entre image et musique : comment rendre compte des proportions inhérentes à toute oeuvre d'art dans le cas de la musique qui n'est pas un art visuel ? Comment les nouvelles technologies permettent de visualiser ces proportions, comment les artistes modernes conjuguent mouvement et musique autour de rythmes de plus en plus entêtants et prédominants dans un monde avant tout numérique ? Quelle part de violence expriment ces œuvres hybrides où la machine et le mécanique prennent le pas sur l'individualité propre ?
A travers les rythmes de Django Reinhardt et Stéphane Grapelli, les élèves abordent le répertoire jazz sous un angle original grâce à un métissage avec la tradition gitane dans les années 1930. Les rôles d'accompagnateurs ou de solistes permettent de mettre en valeur les conditions de l'improvisation propre au jazz, d'expérimenter les aspects de cette musique dont la France fournit une lecture très personnelle mais reconnue jusqu'aux Etats-Unis.
L'ensemble des prochaines séquences doit permettre aux élèves de connaître et reconnaître les instruments qui composent l’orchestre symphonique classique et de comprendre leur organisation en fonction de la manière de produire le son. Cela se fera au travers d’oeuvres de référence comme Pierre et le Loup de Serge Prokofiev ou le Carnaval des Animaux de Camille Saint Saens pour finir avec le Boléro de Maurice Ravel. Un aspect de ces séquences concerne aussi le rapport entre la musique et la narration : comment le conte est porté par les instruments de l’orchestre et avec quels moyens particuliers.